Les aéroports du Canada constituent l’un des grands succès économiques et politiques dans l’histoire du pays. Avant 1990, nos aéroports n’étaient ni plus ni moins qu’un fardeau financier pour le gouvernement fédéral, qui soutirait annuellement quelque 135 millions $ des poches des contribuables canadiens (soit 250 millions $ en dollars actuels). Or, non seulement nos aéroports ont-ils depuis 1992 versé plus de 5,6 milliards $ en loyers dans les coffres du gouvernement (et 6,9 milliards $ annuellement en impôts), mais ils ont investi plus de 22 milliards $ dans de nouvelles infrastructures – sans qu’il en coûte un sou aux contribuables.

L’étude sur l’impact économique publiée par le Conseil des aéroports du Canada (CAC) permet d’obtenir un portrait précis de la performance de ce secteur d’activité, révélant du même coup une tendance continuellement à la hausse en termes de volume de passagers, d’emplois, de contribution au PIB, de rendement économique et autres.

Les résultats sont certes impressionnants : en 2016, les aéroports du Canada ont géré plus de 140 millions de passagers, soit une hausse remarquable de 112 pour cent comparativement à 1988. Nos aéroports ont généré directement quelque 48 milliards $ en rendement économique, 194 000 emplois et 13 milliards $ en salaires, en plus d’injecter 19 milliards $ dans le PIB du pays. Des données astronomiques et difficilement imaginables, mais pourtant vraies. Aussi, lorsqu’on porte son attention au-delà des zéros, un portrait fascinant émerge.

En moyenne, un million de passagers transitent dans les aéroports du Canada chaque deux jours et demi. Ainsi, pour chaque tranche de 63 heures, nos aéroports créent directement 1 400 emplois à temps plein, en plus de contribuer 137 millions $ au PIB et de générer 50 millions $ en impôts.

Vu sous un autre angle, on constate que chaque millier d’aéronefs qui décollent et atterrissent aux aéroports du Canada représente une trentaine d’emplois, 3 millions $ au PIB et 1 million $ en impôts pour tous les paliers de gouvernement. Il suffit d’imaginer 140 millions de passagers annuellement pour saisir l’envergure du résultat.

Et encore, on ne parle ici que des impacts directs. Lorsqu’on tient compte des données indirectes et induites, l’impact total grimpe à 79 milliards $ en termes de rendement économique, 35 milliards $ au PIB, 355 000 emplois et 22 milliards $ en salaires.

Les chiffres ne tracent cependant qu’une partie du portrait. En favorisant le déplacement d’individus et de marchandises à l’intérieur du Canada et ailleurs dans le monde, nos aéroports jouent un rôle important en tant que facilitateurs économiques et générateurs d’opportunités sociales – parfois de façon inattendue.

Tous savent que l’aéroport international Pearson de Toronto est une plateforme internationale qui relie les Canadiens au reste de la planète. Or, ce que moins de gens réalisent, c’est à quel point une telle connectivité s’étend aussi au Canada dans son ensemble. Par exemple, les vols en provenance et à destination de Toronto-Pearson permettent aux entrepreneurs de l’Île-du-Prince-Édouard d’exploiter des marchés en Asie, afin d’y promouvoir non seulement leur secteur touristique et leur éternellement populaire Anne aux pignons verts, mais aussi leur industrie aérospatiale qui emploie plus de 1 000 personnes. Aussi, le fait de pouvoir passer par Toronto permet à 500 étudiants indiens (soit le marché d’étudiants internationaux le plus important au Canada en termes de croissance) de bénéficier d’une éducation de qualité chez nous.

Dans un même ordre d’idée, peu de gens savent que c’est à l’aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa que s’est établie la compagnie aérienne First Air, qui facilite le transport de plus de 19,4 millions de kilos de marchandises dans les collectivités de l’Arctique canadien, incluant nourriture, courrier, fournitures médicales et autres biens essentiels.

Les contributions économiques de nos aéroports sont certes considérables. Encore plus considérable, cependant, est leur importance en ce qui a trait à créer et soutenir des opportunités pour tous les Canadiens – et les entreprises canadiennes.

Un exemple éloquent est Avigilon Corporation, une société de haute technologie établie à Vancouver dont la clientèle s’étend à l’échelle du globe. Le président et chef de la direction de l’entreprise, James Henderson, explique en ces termes le rôle essentiel que jouent nos aéroports : « Nous expédions une quantité considérable de produits partout sur la planète – des dizaines de milliers d’unités qui se déplacent chaque mois. Or, notre entreprise se doit de pouvoir viser la croissance, et le fait que nous soyons situés à proximité de l’aéroport international de Vancouver nous aide à soutenir une telle croissance ».

Que l’on évalue les aéroports en fonction de leur contribution directe à l’économie, où que l’on tienne compte aussi de leur rôle en tant que moteurs économiques, il ne fait aucun doute que ce sont d’importants générateurs d’emplois, de prospérité et d’opportunités pour tous. Le système aéroportuaire du Canada devrait être une source de fierté et d’opportunités pour tous les Canadiens. Tous bénéficient de nos aéroports – même ceux qui ne prennent jamais l’avion.