Comme plusieurs Canadiens, vous croyez probablement que votre aéroport local est exploité par le gouvernement fédéral ou provincial, voire même qu’il s’agit d’une entreprise à but lucratif. D’ailleurs, une récente étude publiée par Nanos Research révèle que seulement dix pour cent des Canadiens savent qu’en fait, les plus importants aéroports du pays sont exploités par des administrations aéroportuaires composées de gens qui vivent et travaillent dans leur communauté.

Ainsi, les aéroports sont littéralement des actifs communautaires. Non seulement sont-ils une composante essentielle du réseau de transport au pays – ce que 98 pour cent des Canadiens reconnaissent –, mais ce sont d’importants moteurs de l’économie locale qui facilitent les échanges commerciaux, en plus de générer quelque 194 000 emplois et d’injecter 48 milliards $ annuellement dans l’économie du pays.

Selon Nanos, la plupart des Canadiens sont conscients que nos aéroports sont bien plus qu’un simple endroit pour prendre un vol. Toutefois, l’étude met aussi en relief la nécessité de mieux informer les gens sur la valeur et le rôle des aéroports et, du même coup, de solidifier la relation entre ces derniers et les résidents.

Est-ce si important? Je crois que oui. Par exemple, si vous croyez que votre aéroport est exploité par le gouvernement – un point de vue que partagent 51 pour cent des Canadiens –, vous croyez probablement aussi qu’il bénéficie de subventions fiscales.

Dans les faits, cependant, les aéroports du Canada n’ont droit à aucune subvention pour leur exploitation. En fait, non seulement ne peuvent-ils compter sur aucun montant provenant du gouvernement fédéral, mais ce sont eux-mêmes des contribuables. Nos aéroports versent en effet environ 7 milliards $ annuellement dans les coffres des gouvernements au niveau fédéral, provincial et municipal.

En 1992, le gouvernement fédéral a entrepris de céder l’exploitation des aéroports du pays à des administrations locales. Son raisonnement : leur gestion serait considérablement plus efficace s’ils étaient pris en charge par ceux et celles pour qui leur succès présente le plus d’intérêt – c’est-à-dire les gens qui vivent et travaillent dans la région où se trouve leur aéroport.

Un raisonnement qui s’est certes avéré justifié. En 1990, nos aéroports occupaient une position peu reluisante dans le bilan budgétaire du pays, puisant quelque 135 millions $ annuellement dans la poche des contribuables canadiens – soit près d’un quart de millions $ en devise actuelle. Dix-huit ans plus tard, les administrations aéroportuaires sont non seulement elles-mêmes des contribuables, mais aussi des gestionnaires à la fois prudentes et rigoureuses. Tout profit généré est consacré à l’amélioration des services aux voyageurs ou à une réduction des coûts et frais. Les aéroports du Canada ont été en mesure d’injecter plus de 22 milliards $ dans divers projets de construction et d’améliorations de leurs installations, et ce, dans la plupart des régions du pays. Les nombreux bénéfices qui en ont découlé incluent une amélioration de l’accès, de la sécurité, de l’efficacité et de l’expérience des voyageurs.

Nul ne saurait renier le fait que les aéroports jouent un rôle important au Canada. D’ailleurs, l’étude de Nanos confirme que, de façon générale, une grande majorité de Canadiens – soit environ 90 pour cent – sont conscients que les aéroports contribuent à l’économie, au commerce et à l’emploi au niveau local. Toutefois, cette image somme toute positive sur l’importance des aéroports s’est considérablement effritée au fil du temps.

Si une telle tendance est évidemment déplorable, je crois pouvoir l’expliquer. L’étude révèle en effet aussi que les gens considèrent que leur expérience des aéroports s’est progressivement détériorée. Les principaux facteurs d’insatisfaction incluent : le coût de voyager à partir d’un aéroport; les longues attentes aux contrôles de sécurité; le nombre relativement limité de vols; les vols retardés ou annulés; l’attente aux douanes; et le bruit des aéronefs. On peut donc aisément imaginer que de tels facteurs contribuent à la perception négative qu’ont les gens en ce qui a trait aux aéroports.

Ironiquement, ces derniers n’ont souvent aucun contrôle direct sur plusieurs de ces facteurs. Par contre, ils ont un rôle à jouer dans les efforts afin d’identifier des solutions. Nos aéroports sont au cœur d’un mécanisme fort complexe aux nombreuses composantes et impliquant nombre d’intervenants aux intérêts souvent divergents : les compagnies aériennes, la sécurité, les douanes, le contrôle aérien et, bien entendu, les passagers.

Les aéroports demeurent continuellement en communication avec leurs partenaires et clients, et aussi avec divers groupes communautaires. Tous travaillent en collaboration afin d’identifier et de mettre en place de nouveaux services et liaisons aériennes, d’optimiser l’efficacité et la rentabilité et d’assurer que tous soient à l’écoute des besoins de la communauté – qui est aussi la leur.

Les aéroports font partie intégrante de la prospérité économique et sociale d’une région. Si vous n’êtes toujours pas convaincu que votre aéroport local constitue un actif communautaire au même titre qu’un hôpital, un parc, une bibliothèque ou un aréna, peut-être que le fait de constater à quel point ils ont un impact sur votre qualité de vie vous fera changer d’avis.