Toronto Pearson International Airport

Toute organisation aspire à être en croissance. Or, quelle stratégie doit-on privilégier lorsque, justement, l’atteinte d’une capacité maximale se pointe à l’horizon? La réponse : amener divers aéroports à se réunir pour identifier ensemble des pistes de solution.

C’est ce concept qui a mené à la création du Southern Ontario Airport Network, ou SOAN, un réseau composé des onze aéroports commerciaux les plus importants situés entre les villes de Kingston et Windsor. Non seulement la région du sud de l’Ontario s’avère-t-elle la plus peuplée au Canada, mais elle joue un rôle essentiel pour la prospérité du pays. On lui attribue en effet le tiers de l’activité économique canadienne, près de 40 pour cent de nos exportations, nombre d’entreprises figurant au palmarès Fortune 500, quelque 15 000 entreprises de haute technologie et 28 collèges et universités.

La région, qui connaît actuellement la croissance la plus rapide au pays, est appelée à demeurer un important moteur de l’économie canadienne. Pour ce faire, toutefois, il est essentiel d’y assurer un accès par transport aérien à long terme efficace et de grande qualité. Or, une hausse de la demande et de la variété des besoins en matière de services de transport aérien exige une nouvelle approche de la part des divers intervenants et parties prenantes de la région.

Daniel-Robert Gooch, président du CAC, explique que, sachant qu’il est prévu que le nombre de voyageurs internationaux par avion est appelé à atteindre 7,2 milliards annuellement d’ici 2035, plusieurs pays envisagent actuellement d’établir un réseau d’aéroports afin de gérer efficacement un tel volume. Gooch insiste cependant pour dire que le SOAN a élaboré sa propre approche canadienne, en s’assurant de répondre aux besoins et objectifs des collectivités locales et en maintenant l’autonomie décisionnelle de chaque aéroport.

« Le réseau n’est aucunement normatif, ajoute Chris Wood, directeur général de la Region of Waterloo International Airport. Il permet simplement à tous ses membres de planifier au niveau régional, plutôt que d’avoir à relever leurs défis de façon isolée. En fait, le SOAN s’adapte à la notion incontournable que les passagers vont toujours vouloir se rendre à la destination de leur choix, et les collectivités auront toujours leurs propres besoins. »

Region of Waterloo International Airport

Nul doute, cependant : la limite de capacité est sur le point d’être atteinte. « Selon nos prévisions, d’ici 2043, la demande dans la région se situera à environ 110 millions de passagers, indique Howard Eng, président et chef de la direction de la Greater Toronto Airports Authority. Or, en constatant la capacité actuelle des aéroports de la région, nous risquons de laisser en pan des millions de passagers si nous n’agissons pas dès maintenant. Heureusement, nous pouvons compter sur un solide réseau d’aéroports, dont les membres se sont unis afin justement de réfléchir à des façons de tirer profit de cette extraordinaire opportunité. »

Le genre d’opportunité qui, effectivement, fait en sorte que les aéroports participent activement aux discussions autour de la table. Le réseau est composé des membres suivants : Toronto Pearson International Airport; Billy Bishop Toronto City Airport; Hamilton John C. Munro International Airport; Kingston/Norman Rogers Airport; Lake Simcoe Regional Airport; London International Airport; Oshawa Executive Airport; Niagara District Airport; Peterborough Airport; Region of Waterloo International Airport; et Windsor International Airport. Le regroupement a d’ores et déjà identifié une série de pistes, afin d’élaborer une stratégie régionale qui bénéficierait non seulement aux collectivités locales, mais au pays dans son ensemble.

Le SOAN permet aux aéroports membres de planifier à un niveau sans précédent, tout en demeurant de solides facilitateurs économiques dans leurs communautés locales, qu’il s’agisse du secteur touristique dans la région de Niagara, de l’industrie technologique à Waterloo, ou de services aériens d’affaires à Oshawa. Le réseau s’avère aussi une opportunité d’accroître la demande, tout en permettant aux passagers et entreprises de savoir qu’il existe une variété d’aéroports en mesure de répondre à leurs besoins.

En amenant les aéroports régionaux à répondre de plus en plus à la demande en matière de services de transport aérien – qu’il s’agisse de vols commerciaux, d’écoles de pilotage ou d’entretien des aéronefs –, il devient ainsi possible de libérer des ressources dans le plus important aéroport canadien, pour éventuellement en faire la prochaine méga-plateforme aéroportuaire en Amérique du Nord. Il en résulterait, tant pour la région que le pays, une connectivité comparable à ce que l’on observe dans d’autres aéroports d’envergure de par le monde, dont ceux de Londres (Heathrow), Dubaï et Singapore.

La création d’une méga-plateforme aéroportuaire canadienne aurait un impact positif majeur pour le pays. Non seulement celui-ci se taillerait-il une place parmi les principaux points de connectivité du transport aérien à l’échelle mondiale, mais un tel aéroport favoriserait les synergies au niveau des échanges commerciaux et des affaires à l’international. Aussi, tous les aéroports membres du SOAN sont conscients des avantages à long terme pour leur propre communauté locale.

« La mise sur pied du Southern Ontario Airport Network constitue une étape importante dans l’évolution des aéroports de notre région, souligne Mike Seabrook, président et chef de la direction de la Greater London International Airport Authority. Le London International Airport appuie entièrement une telle initiative. Nous croyons qu’elle permettra à l’aéroport Pearson de Toronto d’atteindre son objectif de devenir la méga-plateforme aéroportuaire au Canada, tout en favorisant une exploitation plus efficace des infrastructures d’aéroports comme ceux de London. Les fondements mêmes d’une telle initiative sont de répondre efficacement à la demande en termes de passagers dans notre marché, et d’améliorer l’expérience de ces derniers dans nos aéroports. »

Le sud de l’Ontario n’est certes pas la seule région au pays où l’on observe une forme de coopération entre les aéroports. Toutefois, aucune de ces régions n’anticipe à court terme le volume de passagers – et les défis afférents en termes de capacité – que l’on prévoit ici. Certes, « à court terme » est une durée bien relative. En constatant une hausse de la demande dans pratiquement chaque région du pays, il apparaît probable que d’autres aéroports canadiens devront éventuellement eux aussi explorer plus sérieusement les avantages – voire la nécessité – d’établir leur propre réseau régional.