En 1992, la gestion des aéroports canadiens, alors sous l’autorité du gouvernement fédéral, fut transférée à des autorités locales sous forme d’OBNL. La désuétude des infrastructures figurait alors en tête de liste des nombreuses raisons justifiant une telle décision.

En effet, avant 1992, les investissements dans les infrastructures aéroportuaires étaient plutôt rares. Résultat : les installations vétustes ne parvenaient plus à répondre à la demande. Or, depuis le transfert, plus de 22 milliards $ ont été injectés dans l’amélioration des infrastructures des aéroports canadiens, ce qui est venu donner des ailes aux collectivités d’un océan à l’autre. Désormais modernisées et à la fine pointe des derniers développements technologiques, nos infrastructures aéroportuaires s’harmonisent parfaitement avec le transport aérien au 21e siècle.

“Une partie de ces investissements sert à soutenir le développement économique régional,” explique Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada. “Par exemple, une plateforme de chargement d’avion-cargo de 17 000 mètres carrés fut construite à l’aéroport d’Halifax afin de desservir l’industrie du homard. En vertu du modèle basé sur celui des OBNL, le développement économique fait partie intégrante du mandat des aéroports.”

Les infrastructures aéroportuaires jouent un rôle capital. D’ailleurs, sans elles, certaines collectivités canadiennes ne pourraient tout Examen de la Loi sur les transports du Canada, p. 55 simplement exister! Un exemple concret serait la ville de Gander, à Terre-Neuve.

“Gander fut initialement développée en tant qu’aéroport durant les années 30,” raconte Gooch. “Or, l’endroit a joué un rôle particulièrement important durant la Seconde Guerre mondiale, en tant qu’escale de ravitaillement en carburant pour les avions voyageant à destination de l’Europe. C’est ainsi que la ville s’est progressivement bâtie autour de l’aéroport, qui demeure aujourd’hui un important centre de contrôle aérien et poste de ravitaillement.”

Un autre exemple d’une communauté qui dépend des aéroports se trouve au nord du pays. Un récent rapport soumis au gouvernement fédéral par l’ancien ministre David Emerson mettait en relief le rôle essentiel que jouent les aéroports pour transporter des marchandises auprès des communautés éloignées, là où “on mise beaucoup sur les avions pour transporter individus et biens, et aussi pour répondre aux besoins de nature médicale.”  Aussi, comme le précise le rapport, “tant le secteur au nord des Territoires du Nord-Ouest que le Nunavut dans son ensemble dépendent principalement du transport maritime et aérien.”

“Les régions au nord du Canada autant que les populations qui y sont établies sont essentielles à l’avenir du pays,” affirme pour sa part Barry Rempel, président-directeur général de la Winnipeg Airports Authority. “Le transport aérien constitue les fondations mêmes des infrastructures économiques de ces régions nordiques. C’est pourquoi la Winnipeg Airports Authority se consacre à répondre aux besoins de ces gens et ainsi optimiser le potentiel des régions où ils habitent. Qu’il s’agisse de desservir les passagers, d’intervenir au niveau du fret aérien ou de fournir des vols à des fins médicales, nous nous assurons de maintenir un lien entre les régions du nord et le reste du pays – et de la planète.”

Certes, il n’y a pas que les petites communautés pour qui les infrastructures aéroportuaires sont essentielles. D’ailleurs, selon le Canadian Global Cities Council , les aéroports internationaux situés dans les sept plus importantes agglomérations urbaines au Canada constituent souvent le second plus important employeur de leur région. Or, les infrastructures sont la fondation même d’un tel moteur économique, ce que tendent à confirmer les résultats d’une enquête de 2013 qui révélait notamment que l’industrie du transport aérien (dont les aéroports s’avèrent une importante composante) générait plus de 141 000 emplois directs.

“L’aéroport international de Vancouver se consacre à l’exploitation d’infrastructures et installations durables de calibre international,” indique Craig Richmond, président-directeur général de cet aéroport. “Nous réinvestissons continuellement dans nos propres infrastructures afin de générer davantage d’opportunités économiques et de voyages pour notre collectivité.”

“Près de 23 000 personnes sont à l’emploi de notre aéroport. Aussi, nous sommes actuellement à planifier un investissement en immobilisations de 5,6 milliards $ au cours des vingt prochaines années, ce qui viendra cimenter notre rôle en tant qu’important acteur économique en Colombie-Britannique.”

En cette année où l’on souligne le 150e anniversaire du Canada, nous rappelons le rôle joué par les infrastructures de transport en tant que lien ayant tissé notre pays. En 1867, ce fut le transport ferroviaire qui s’étendait d’est en ouest. Aujourd’hui, ce sont des dizaines d’aéroports et leurs importantes infrastructures qui nous unissent les uns aux autres – une interconnexion en plein essor qui donne des ailes à nos collectivités et nous ouvre les portes sur le monde.